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Gymnase Fédération. CNEWS, Europe 1. Philippe Goujon. Emmanuel Grégoire. Bomba. Ian Brossat. Rachida Dati, Equalyss
Tout est calme au gymnase Fédération

   La réquisition d'un gymnase pour loger des migrants provoque selon CNEWS et Europe 1 la colère des habitants du 15e. De fait en ce lundi de Pâques en me rendant dans ce gymnase situé au 16 rue de  Fédération je m'attendais à trouver une certaine agitation, des banderoles de protestation, un car de CRS pour la sécurité. Mais non rien. C'est d'un calme. A deux pas de la Tour Eiffel, il y a plus de monde sur le pont Bir-Hakeim avec les touristes.

   Le gymnase Fédération situé non loin du siège du bailleur social 1001 Vies Habitat est caché au fond d'un joli square. Personne ne vous barre la route. Un voisin qui range sa moto raconte qu'il a entendu l'info sur CNEWS, sinon il ne se serait rendu compte de rien. Aucun barrage pour pénétrer dans les lieux. Les migrants ne sont pas une centaine comme annoncé par les médias fake news, mais une soixantaine. Certains se reposent tranquillement. On est bien loin du squat de la honte qui provoquerait le désordre.

   Ces migrants demandeurs d'asile sont arrivés le 1er avril et ce n'était pas une blague. Bien sûr, certains de penser qu'Emmanuel Grégoire, le nouveau maire de Paris, a attendu d'être élu pour faire cette installation, mais c'est faux, depuis le début de l'hiver les migrants changent tous les mois de gymnase pour gêner le moins possible les sportifs passant ainsi d'un arrondissement à un autre et les maires concernés sont mis devant le fait accompli et ne peuvent rien faire d'où la colère de Philippe Goujon, maire LR réélu aux dernières élections : "La mairie centrale nous a prévenu quelques jours auparavant tout comme les associations sportives".

   Il est vrai comme le dit encore Philippe Goujon, un gymnase n'est pas un toit pour migrants :"Un gymnase n'est pas fait pour cela, il a une tout autre destination".

   Toutefois, il faut reconnaître que dans la grande salle au plafond immense en béton et au milieu des courant d'air, les migrants ne dorment pas à même le sol, sur des matelas à l'hygiène douteuse, mais sur des lits picot, les lits de camps militaires pratiques et stables posés sur le revêtement sportif en caoutchouc avec ses lignes de marquages pour les différents sports, dans la même ambiance que des sinistrés d'une inondation. L'hygiène est assurée par six toilettes et les nombreuses douches des vestiaires.

   "Ils n'ont pas le droit de faire leur repas eux-mêmes, mais la Mairie de Paris leur apporte des plats préparés chaque jour, raconte un des employés de la ville qui a été mobilisé pour faire l'accueil avec un roulement toutes les huit heures. "On pouvait refuser ce service, mais on est payé 30% de plus et on a des primes" précise-t-il.

   Donc pas de car de CRS, juste un service de sécurité avec une ou deux personnes sur place pour éviter tout problème. "A 22 heures, les portes de l'entrée sont fermées, raconte Bomba, une ivoirienne d'une trentaine d'années qui a quitté la Côte d'Ivoire victime d'un mariage forcé et de violences sexuelles. Elle s'est enfuie début 2025 en prenant le bateau pour arriver en France prise dans l'engrenage infernal des passeurs. Arrivée en France, Bomba a réussi à gagner Lyon où elle a fait sa demande de réfugiée, mais on lui a refusé. Depuis, elle errait dans la rue et heureusement, elle n'a pas passé l'hiver dehors grâce à Equalyss, une association d'entraide qui fasse à une crise migratoire toujours plus complexe joue un rôle indispensable, un maillon essentiel entre les migrants et l'intégration au sein de la société française, Rachida Dati, voulait d'ailleurs dissoudre Equalyss tout comme nombre d'associations similaires.

Gymnase Fédération. CNEWS, Europe 1. Philippe Goujon. Emmanuel Grégoire. Bomba. Ian Brossat. Rachida Dati, Equalyss
Bomba voudrait être aide soignante

   Et si certains affirment qu'ils sont là pour ne rien faire comme on peut le lire sur Facebook, Bomba qui parle très bien le français, affirme ne vouloir qu'une chose, c'est pouvoir trouver un emploi. "J'aimerais travailler comme aide soignante" précise-t-elle encore alors que des enfants jouent dans le jardin qui jouxte le gymnase. De jeunes migrants que certains trouveraient qu'ils ressemblent à des racailles pressent le pas, ils reviennent de courses pour ceux qui ont des difficultés à se déplacer, mais ils ne veulent pas s'attarder à discuter. "Les médias racontent trop de conneries sur nous et nous stigmatisent. On ne veut pas d'embrouilles". 

    Evidemment, les associations sportives protestent car elles ne peuvent plus utiliser le gymnase et certains demandent à être remboursés de leur cotisation. Philippe Goujon en se faisant leur porte-parole ajoute ainsi : "nous demandons vivement que la Mairie de Paris cesse ce genre de pratique surtout pour loger des personnes qui sont en situation irrégulière et qui n'ont rien à faire sur notre territoire".     

   Sans doute, mais il faut avouer que les migrants de ce gymnase Fédération ressemblent plus à Bomba et veulent visiblement travailler alors que les hôpitaux et tant d'autres secteurs manquent de bras. Pourquoi alors, ils ne sont pas directement pris en charge et logés dans une structure adaptée mais visiblement la Mairie de Paris se heurte à de nombreux refus des mairies d'arrondissement surtout dans les beaux quartiers de la capitale. On se souvient de la polémique soulevée en 2016 dans le 16e arrondissement pour l'installation d'un centre d'hébergement d'urgence voulu par Ian Brossat, adjoint PCF à la Mairie de Paris chargé du logement et de l'hébergement. Le président de l'association des riverains de Boulogne avait même eu le culot de déclarer en protestant : "On met des pauvres gens à deux pas du boulevard périphérique avec le bruit et la pollution, c'est infernal". Alors que de riches riverains sont bien contents d'habiter là, car c'est un havre de paix près de la verdure et que le périphérique est en partie couvert.

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Tag(s) : #Paris 15e, gymnase pour migrants
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