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Publié le 22/04/2010

 

 Une des maisons transportées par Robert Trembley

Après les ravages de la tempête Xynthia en Vendée et Charente Maritime, près de 1500 maisons sont condamnées à être rasées. Pourquoi les détruire alors qu’il existe une solution plus simple ? Les déplacer en camions ! Transporter les habitations sur une plate forme géante pour un autre terrain dans une zone non inondable. Une technique de transplantation courante Outre-Atlantique. Presque un art qui commence à être popularisé en France par le docu-réalité "Les Déménageurs de l’extrême" diffusé sur "Direct 8". Les téléspectateurs ont pu ainsi voir une église entière être enlevée à 100 kms de son lieu d’origine. Plus d’une centaine de maisons de Malartic, une ville minière de la province du Québec, ont même carrément été "bougées" dans un autre quartier car en dessous d’elles se trouvait un important gisement d’or.

Au Canada, nombre de sociétés peuvent faire de telles prouesses comme "Tremblay et fils", une entreprise familiale basée au Lac St-Jean près de Québec. Joint sur l’un des ses chantiers à 400 kms au nord de la ville alors qu’il était en train de déménager une bâtisse de 20 mètres de long, le patron Robert Tremblay explique que son savoir faire pourrait être adapté en France : "Nous mettons en moyenne quatre jours pour déplacer une maison sur dix kilomètres". Dessous les fondataions, il est disposé d’immenses barres de fer pour former une sorte de cage sur laquelle va reposer la construction. Le corps du bâtiment est alors descellé des fondations. " Puis, ajoute Robert Tremblay, on excentre la maison à l’aide de nos énergiques vérins hydrauliques montés sur roues aidés de chargeurs sur chenilles, Nos puissants camions tracteurs n’ont plus qu’à la tirer jusqu’à son nouvel emplacement '.

Le territoire canadien étant couvert à 45% par des forêts, nombre des demeures sont évidemment en bois beaucoup plus faciles à enlever. "Mais le fait d’être en dur n’est pas un obstacle insurmontable" précisee encore Robert Tremblay surtout pour les maisons françaises du bord de mer souvent basses. 'Nous pouvons déplacer un édifice pesant une centaine de tonnes". On se souvient d’ailleurs des images desDéménageurs de l’extrême montrant un phare en pierres de granit délogé tout entier de sa falaise car celle-ci menaçait de s’effondrer.

Si la maison est trop grande ou en plusieurs bâtiments ? "Pas de problème, précise encore Robertt Tremblay. On la divise en modules comme un Lego géant et sur le nouveau site, nous n’avons plus qu’à les remettre en place". L'ensemble est transporté avec tout son mobilier. Il n’y a aucun déménagement à faire pour les occupants qui retrouvent leur sweet home comme avant. "Ils n’ont même pas à protéger les bibelots et autres objets fragiles pour qu’ils ne cassent pas, car le transport est si précis au centimètre près qu’un verre de vin peut être posé sur le rebord d’une fenêtre sans être renversé".

Faire déplacer une maison moyenne coûte environ 20.000 dollars canadiens (soit 15.000 euros). Une somme dérisoire par rapport au prix de revient de la destruction et la reconstruction des 1500 maisons programmées par le gouvernement. Cette technique du transport serait donc vraiment plus avantageuse pour l’Etat et par la même pour le contribuable français. Qu’en pensent alors les habitants concernés ? De prime abord, à Charron, la commune la plus durement touchée par la tempête en Charente Maritime, ils sont tellement abattus par ce qu’ils leur arrivent qu’ils n’osent y croire quand on leur en parle. "C’est un gag ?..." demande même Thierry Demaegdt, président de l’association "Reconstruire Charron". A la réflexion, il reconnait finalement que cela pourrait être une solution envisageable pour certains. "Mais uniquement si c’est fait avec sérieux" tient-il à préciser. Il explique toutefois que les maisons de Charron sinistrées sont bien trop abimées pour être déplacées. "Le combat de notre association est surtout basé pour que soit déclassées les maisons non sinistrées qui ont été classées arbitrairement en zone noire".

Déplacer les maisons ne serait pas la seule solution proposée par les Canadiens. Elles pourraient être juste surélevées pour se retrouver hors de danger en cas d’une autre tempête. "Nous pouvons le faire d’un ou deux mètres", explique encore Robert Tremblay. La méthode est la même qu’en cas de transport sauf que la maison n’est pas déplacée, juste soulevée plus haute afin de permettre de construire dessous d’autres fondations". On n’arrête pas le progrès !

Quoiqu’il en soit, si le gouvernement français fait la sourde oreille pour déplacer les maisons en camions en utilisant la recette canadienne, notons encore qu’à Malartic, cette ville minière du Québec, se sont les prometteurs eux-mêmes qui ont poussé les habitants à le faire sans atteindre le feu vert du pouvoir exécutif. Il est vrai qu’ils étaient attisés par la soif de l’or et les réserves supposées du sous-sol.

 

Kävin'Ka

 

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