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Publié le 27/04/2010

 

Les journaux se plaignent de ne plus vendre, mais c’est eux qui se sabordent.Ils se torpillent de l’intérieur en voulant être présent sur le net. Ils offrent sur la toile à peu près le même contenu que sur le papier et cela sans que le lecteur n’ait rien à payer. On comprend qu’un quotidien style "20 minutes" le fasse, c’est normal il est gratuit ! Mais qu’un journal payant lance un site d’information en libre accès, alors là c’est de l’inconscience stratégique. Quand vous avez lu en numérique un sujet, même en condensé, pourquoi aller au kiosque l’acheter. En la matière de cette presse qui scie la branche sur laquelle elle est assise, le meilleur exemple à ne pas suivre est bien celui du "Parisien" qui diffuse largement des résumés des articles publiées papier, ajoutant même des reportages vidéo sur le même sujet. Tout cela évidemment sans que le lecteur numérique ait à débourser le moindre centime. Au "Monde", où d’habitude on n'est pas né de la dernière pluie, il n’est donné juste que le chapeau de l’article. Pour l’avoir en entier, le lecteur est obligé de sortir sa carte bancaire et payer deux euros.

Devant cette incohérence éditoriale du Parisien, le pauvre Philippe Amaury qui avait réussi à faire du quotidien populaire un exemple, doit se retourner dans sa tombe surtout que s'est sa femme, Marie Odile, qui préside aux destinées du groupe depuis son décès. Mais ne jetons pas complètement la pierre à cette Marie Chantale de la presse qui dans une interview à "lepoint.fr" explique « qu’imprimer un journal,  c’est faire de la haute couture ». La véritable responsable de la gabegie virtuelle est surtout la directrice des nouveaux médias, Isabelle André, sorte de grande perche plate qui fume comme un homme et se déplace en scooter. Sans doute complexée par l’impact du journal papier et le rayonnement de sa rédaction, elle veut que "leparisien.fr" soit équivalent si ce n’est plus. Sa stratégie est d’en faire l’un des premiers sites d’information du net, d'être dans le top 5 avec 3 millions de visiteurs, vantant à Marie Odile les mérites d’un objectif où "Le Parisien" ne serait plus qu’un "pure player",une entreprise dont l’activité serait exclusivement menée sur Internet avec de la pub pour rentabiliser.

Sans doute cela se fera dans un futur  lointain, mais aujourd’hui c’est complètement irréaliste et suicidaire. La vente papier a encore de beaux jours à vivre du moment qu’on ne s’égare pas dans les chimères de créations imaginaires. Rappelons que dans la mythologie grecque, les chimères étaient des monstres à tête de lion, à corps de chèvre et queue de serpent qui lançaient des flammes de dragon. Liées de frustations, elles perdaient ceux qui les suivaient. Voir une chimère était pour les marins synonyme de naufrage.

Pour arriver à ses fins et combattre la création de sources info, c'est-à-dire "Pégase papier", Isabelle André a donc demandé les moyens engageant plus d’une trentaine de personnes, dont 19 journalistes, essayant de dépouiller les forces vives de la rédaction du "Parisien". Sa voracité composite s’est aussi portée sur les autres journaux du groupe tel "l’Equipe" notamment lorsqu’elle a lancé la rubrique "sport" l’année dernière. La cerise sur le gâteau, c’est d’avoir demandé aux journalistes écrits de faire des sujets vidéo pour le site, exigeant d’eux qu’à chaque interview, chaque reportage, ils partent avec une caméra pour filmer. Evidemment cela a quelque peu coincé. Mais pour les inciter à le faire, une prime leur a été proposée. Nombre de journalistes ont finalement accepté, surtout pour éviter de se retrouver sur une liste noire, celle des réfractaires. Etre considéré comme quelqu’un qui ne va pas de l’avant et rejoindre le plan social que "Le Parisien" prépare vu la chute des ventes. Moins 20% pour l’édition Nationale !

 

Kävin'Ka

 

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