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Haut lieu de drague homo de la capitale, le Carrousel du Louvre et ses jardins n'étaient sans doute pas le meilleur endroit pour Emmanuel Macron afin de célébrer sa victoire. Nombre de gays, dimanche soir, plaisantaient en voyant les images reprenant cette rumeur que Macron a une double vie, médisance qui s'est propagée sur les réseaux sociaux pendant la campagne à tel point que le candidat d'En Marche a été obligé de faire une déclaration publique pour affirmer qu'il n'en était pas. Et le fait qu'il fête sa victoire dans un endroit si chargé côté sexe entre hommes en plein air a ravivé cette rumeur surtout quand il s'est mis à marcher vers la scène tout seul avec juste son ombre pour compagnon, tout comme ceux qui, dès la nuit tombée, débarquent solitaires des arcades et arpentent le Carrousel pour aller s'étourdir jusqu'aux jardins, draguant et consommant souvent sur place au milieu des haies et des buissons ardents où chaque soir s'y déroule un étrange ballet depuis la nuit des temps. Ainsi, Philippe d'Orléans, le frère de Louis XIV qu'on nommait "Monsieur", adorait y allait pour courtiser les hommes qu'il affectionnait et curieusement, dimanche soir, grâce au jeu de lumières de la scène et la liesse de la foule des bienheureux, le Carrousel du Louvre arborait l’effervescence et la magnificence de l’éclat des fêtes baroques de l’époque qui participaient à l’exaltation du principe monarchique, le ballet des carrosses étant aujourd'hui juste remplacé par celui des limousines des VIP roulant silencieuses sur les pavés. Et tandis que Monsieur le nouveau président faisait son discours, la statue du Roi Soleil au milieu du Carrousel qui cabre sa monture de marbre, semblait revivre cette gloire passée, le torse victorieux parmi les cris des supporters résonnant tel le galop de la charge des parades de cavaliers d’autrefois alors que le frère du roi repérait depuis les fenêtres des appartements du Louvre ses futurs amants dans les méandres des jardins imaginés par Le Notre dont la conception spatiale fut cassée par le petit arc de triomphe du Carrousel imposé par Napoléon. Aberration esthétique et surtout pratique empêchant de bien voir depuis les fenêtres des étages du Louvre qui suce qui. "Monsieur avait un entêtement pour les jeunes courtisans autant que pour les princes et la finance", raconte le duc de Saint-Simon, le Stéphane Bern de l’époque, ajoutant que Philippe d’Orléans se promenait souvent dans les jardins du Carrousel avec ses deux amants "le Chevalier de Lorraine et Chatillon qui avaient fait une grande fortune par leur figure et dont Monsieur s’était entêté". Et dimanche soir, les festivités du sacre de Monsieur le nouveau président rappelait cette pleine théâtralité dans les massifs alignés en tentes militaires au milieu d'un patchwork de kleenex et capotes abandonnées. Combien furent-ils après la Macronite party de s'épancher dans les jardins ? Ivres d'une victoire partagée, ils furent sans aucun doute nombreux,, comme après chaque grande fête populaire, à s'entrelacer tels des Pierrots amoureux, le caleçon baissé sous le regard bienveillant des soldats de pierre en gargouille sur le pourtour des hauts bâtiments, tandis qu’au travers des branches se dessinait la sensualité du contour des hanches des bronzes nus de Maillol et dont l’ombre sombre entre les taillis surprend telle des Marines dévêtues montant la garde…

 

Tag(s) : #Emmanuel Macron au Louvre, #Election présidentielle 2017, #Philippe d'Orléans, #Louis XIV, #Stéphane Bern, #Les jardins gays du Louvre, #En marche

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