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La Joconde est un mec.

 

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Pas de doute, Mona Lisa est bien un homme. Cette thèse expliquant la fascination pour La Joconde de Léonard de Vinci vue chaque jour par 15.000 visiteurs au Louvre est reprise dans le livre "Labijoconde" du journaliste et romancier Kävin'Ka. On y apprend comment un jeune milanais, Gian Giacomo Caprotti surnommé Salai, sorte d'ange androgyne quasi transgenre aux longs cheveux bouclés, est devenu la muse et l'amant du génie de la Renaissance jusqu'à le sublimer en faisant son portrait en tant que transcendance de la femme, lui qui les détestait tant. Au fil des pages, il est expliqué les conditions de leur rencontre, comment Salai fut son élève favori, pourquoi Vinci a vu en lui la déesse de ses rêves qu'il nomma "Giocondo" , qui signifie "gai" en italien et explique l'origine du mot gay aujourd'hui. La rencontre entre Vinci et Salai eut lieu le 22 juillet 1490 à Milan. Vinci avait 38 ans. Salai 10 ans, "Dans les rues de la ville, Vinci marchait tranquillement, l’élégance en vogue avec ses cheveux déjà poivre et sel noués en queue de cheval, habillé de noir selon son habitude, oubliant le rouge des bourgeois.... En chemin, l’esprit aiguisé comme à l’accoutumée, Vinci cherchait l’étalon idéal afin de dessiner les croquis de son automate géant s’attardant à tous les attelages du carrosse d’un prince à la charrette d’un paysan. Il prospectait aussi des gueules au naturel afin d’alimenter ses œuvres choisissant ainsi de représenter Judas en copiant les traits les plus expressifs de la félonie vus à travers un marchand ambulant rencontré derrière le couvent de Santa Maria Della Grazie où sur le mur du réfectoire il a peint à la détrempe « La Cène » reprenant alors le contre-sens d’une vérité, qui pourtant transpirait dans la Bible, où finalement Judas n’est que le double de Jésus avec cette même beauté de la vie, tel un miroir de l’amour poussé contre lui à trahir. Près du Palais, Vinci remarqua Salai qui traînait à l’entrée servant parfois de messager pour les plis urgents, cherchant à se faire embaucher, si ce n’est autre vu ses capacités. En ce mois de juillet, la chaleur était pesante et Salai déambulait lascivement curieusement vêtu d’un guarnello, un voile de gaze léger porté généralement par les femmes en tant que vêtement d’intérieur, le même que Vinci peindra quelques années plus tard sur « La Joconde », et ce guarnello aussi galant que suggestif laissait entrevoir un torse imberbe compressé d’un autre tissu évaporé au niveau des pectoraux donnant l’illusion d’avoir de petits seins, sensation aérienne et équivoque troublant les passants qui se retournaient sur lui constamment. En déambulant dans la rue, Salai remontait sans cesse son haut-de-chausses tombant des fesses avec la même nonchalance d’un adolescent d’aujourd’hui au slim dévergondé. Il s’éventait d’un mouchoir blanc brodé de fil doré, volé auparavant à un bourgeois dépravé qu’il avait entraîné derrière la cathédrale de la Sainte Vierge et connue sous le nom du « Dôme de Milan » ; un haut lieu de drague avec ses tavernes branchées qui, de nos jours, s’est déplacé non loin dans le centre-ville le long de la gare centrale, rue Sammartini. Le sourire enjôleur de Salai et ses manières apprêtées ensorcelaient plus d’un pigeon. Vinci tomba sous le charme. Il fut d’emblée captivé par son visage angélique qui ressemblait étrangement à cet ange Uriel qu’il avait précédemment esquissé aux côtés de la Madone et de l’enfant Jésus dans « La Vierge Aux Rochers » ; un tableau sur l’incarnation qui avait provoqué quelques remous auprès de la Sainte Église qui trouvait que Vinci faisait preuve d’impertinence, le symbole du prince de lumière qu’est l’ange Uriel, descendu du ciel sur un chariot étincelant tiré par des chevaux blancs, faisant de l’ombre au message d’amour du Christ et qu’il aurait dû plutôt choisir Gabriel ou Raphael, des anges plus fidèles au sacré de la foi chrétienne.En voyant Salai hors de toute tradition, Vinci n’en croyait ses yeux. L’ange Uriel était là en réel. Enfin, il découvrait l’être dont il avait peint les traits à la suite d’un songe où la lumière lui était apparue ; la révélation se matérialisait en cet androgyne aux longs cheveux fins et bouclés, parfait symbole de l’union de la nature divine et de la nature humaine qu’il aime représenter dans ses tableaux signant cet absolu en ornant toujours ses œuvres d’un soupçon d’ancolie, la fleur de l’équivoque par excellence". La Joconde aillait naître quelques années plus tard...


Roman "Salai et Vinci Labijoconde" par Kävin'Ka (ONANéditions)

Tag(s) : #arts

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