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Par Kävin'Ka...

 

 

Depardieu chante Barbara et "L'Aigle noir" avec lui prend un sens quasi homo, celui d'un homme mûr emporté par un tourbillon érotIque masculin. Dixit le livre "Dans l'Ombre de Barbara" (1), la Dame en noir a imaginé un rêve poétique enlevée par un aigle, son grand amour d'origine égyptienne, et les paroles avec Gérard Depardieu deviennent ouvertement gay si on considère que l'oiseau est un homme, un black. "...Il avait des yeux couleurs rubis. Et des plumes couleur de la nuit... Il a touché ma joue. Dans ma main, il a glissé son cou..." chante-t-il d'une voix phrasée avec cette même force et l'ambivalence des mots quand Gainsbourg interprétait "Mon légionnaire" immortalisé par Edith Piaf et dont le clip signé Mondino passerait mal aujourd'hui avec de mauvais relents. Le légionnaire étant un enfant... Pour l'instant Depardieu n'a pas encore clipé "L'Aigle noir" extrait de son album "Depardieu chante Barbara" sorti le 10 février, mais avec lui l'imagination galope de façon charnelle se faisant simplement accompagner au piano par Gérard Daguerre et, qu'importe si c'est "mal foutu" comme l'écrit Jérôme Garcin dans l'Obs, l'authenticité et bien présente. De plus son animalité avec la rêverie et le trouble des amours différents, évoqués dans le fantasme de la métaphore, rejoignent sans façon la spontanéité d'une réalité surtout quand il entonne ces autres paroles de la chanson"Dis l'oiseau, O dis, emmène-moi..." . La mythologie virevolte, celle du jeune berger Ganymède devenu l'amant de Zeus qui s'était transformé en aigle pour l'enlever. Récit qui a fasciné tant d'artistes au fil des siècles. Et de fait Depardieu n'a jamais caché son homosexualité l'ayant ouvertement précisé dans sa récente autobiographie "Ça s'est fait comme ça" (Éditions XO) racontant que dans sa jeunesse il s'était prostitué avec d'autres hommes, ce qui a suscité de vives réactions en Russie où l'acteur vit désormais obligé de sous entendre qu'il s'agit d'un "ouvrage de repentance, de confession de vieux péchés".. Cette fois, la reprise de Barbara chez Poutine où la "propagande de l'homosexualité" est interdite ne risque guère d'être comprise avec le code de lecture homo et provoquer à nouveau une polémique avec Gégé obligé de se justifier. Place Rouge, être emporté par un aigle sera surtout vu comme une allégeance aux armoiries de la Russie dont le blason comporte un aigle à deux têtes couronnées symbolisant la Grande Russie..
Ceci dit, sorti en 1970, '"L'Aigle noir" chef-d'œuvre de la compositrice, a vraiment un sens plus amoureux que psychanalytique, mais Barbara a toujours refusé de révéler cette passion secrète par peur des réactions du public, préférant garder le mystère vu la mentalité de l'époque car son grand amour était un homme de couleur et c'était mal vu. Toutefois, dans une autre chanson, "Mes hommes", la Dame en noir avoue qu'elle les aime colorés, même un peu efféminés. "...Car, ils viennent de Tunisie, Mes hommes, Marseille, Toulon, le Midi, Mes hommes. Ils marchent avec insolence. Un petit rien dans la hanche...". Barbara avait connu son grand amour, un certain Jeff d'origine égyptienne, du temps où elle habitait en Belgique à Charleroi et celui-ci est venu la retrouver à Paris alors qu'elle avait 23 ans et venait d'être hospitalisée épuisée par les longues soirées, non à chanter mais à faire la plonge dans un cabaret "La Fontaine des Quatre Saisons" pour subvenir à ses besoins. "C'est alors que j'ai reconnu. Surgissant du passé, il m'est revenu" chante encore Barbara qui se mettait chaque fois en transe lorsqu'elle interprétait sur scène 'L'Aigle Noir" se souvenant de son béguin de jeunesse. C'est sûr "L'Aigle noir" n'est en aucun la psychanalyse d'un souvenir douloureux comme certains ont voulu l'affirmer en établissant un mauvais lien avec la tragique histoire personnelle révélée dans "Il était un piano noir... Mémoires interrompus", une biographie publiée après sa mort en 1997, où la chanteuse évoque, et pour la première fois, son enfance dramatique abusée par son père. D'ailleurs, rien ne prouve que cela soit vrai, le livre  posthume ayant été supervisé par Jacques Attali  qui a pu rajouter ce qu'il voulait pour faire du buzz. Barbara n'était plus là pour le contredire. Surtout, la chanson n'a aucun sens historique comme a voulu le faire croire en 2016 Patrick Bruel à l'occasion de la promo de son album hommage "Très souvent, je pense à vous...". Pour lui, "L'Aigle noir" (qu'il a aussi repris) fait référence à l'emblème du IIIe Reich et "Barbara l'évoque puisque elle est issue d'une famille juive alsacienne et elle avait dix ans lorsqu'elle a été traumatisée par l'occupation".  Du n'importe quoi comme toujours chez Bruel d'autant qu'il fait un rapprochement avec la montée aujourd'hui de l'islam radical.
 
(1) Biographie "Dans l'ombre de Barbara (la clef de ses secrets)" Éditions du Rocher

 

Tag(s) : #people, #arts

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