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Par Kävin'Ka.

Telle une folle avec les jambes croisées, le premier ministre n'était pas à l'aise devant l'humoriste.
Telle une folle avec les jambes croisées, le premier ministre n'était pas à l'aise devant l'humoriste.

Joli moment de télé en final de l'ennuyeuse prestation de Manuel Valls dans "On n'est pas couché" sur France 2. L'humoriste, Jérémy Ferrari, qui pratique l'humour noir avec la verve de Desproges, a carrément remis à sa place le premier ministre pointant du doigt la responsabilité de Hollande et du gouvernement dans les attentats. "Vous avez dit qu'on était en guerre. Non ! Non ! Vous, vous êtes en guerre. Votre gouvernement est en guerre. Nous, on n'est pas en guerre. Nous, on se fait tirer dessus quand on va voir des concerts. Y-a-t-il ici des gens qui ont des kalachnikovs. Qui ont sur eux des armes ? Non ! Y-a-il des gens qui veulent tuer des Musulmans ? Non ! Personne ! Vous êtes en guerre. Vos décisions à l'internationale sont en guerre. Pas nous...". Jérémy Ferrari accusa ainsi le premier ministre de "développer toute une réflexion sur un truc qui au départ est faux" lui reprochant aussi d'avoir une vision simpliste sur la volonté de mort des djihadistes. "Pour eux, ils ne meurent pas. Ils ont une vie après la mort qui leur semble meilleure à celle qu'on leur offre. Vous pensez que c'est un détail, mais ce n'est pas un détail..." La vie après la mort ? Vu la tête qu'il faisait, Manuel Valls donnait l'impression qu'il n'avait même pas réfléchi sur le sujet.

L'humoriste avait commencé sa colère en contestant la récupération médiatique des morts ayant choisi dans la séquence des dessins d'actualité celui paru dans VSD sur Johnny Hallyday chantant pour Charlie avec Charb se retournant dans sa tombe aux côtés de Cabu. Une récupération qu'il juge aussi scandaleuse que "L'Exigence", le recueil post-attentats des discours que Valls vient de publier chez Grasset et pour lequel il était invité chez Ruquier. "Un livre sur vos plus beaux discours après les morts, c'est formidable, c'est génial, cela va vachement nous aider" ajouta l'humoriste avec une certaine dérision non sans avoir également et ouvertement critiqué la politique française en Afrique. "Il y a des choses absurdes, comme la présence d'Ali Bongo au défilé de Charlie Hebdo. Comment vous expliquez qu'Ali Bongo se retrouve en tête d'une marche pour la liberté d'expression ?..." Il est vrai que le dictateur gabonais qui viole les droits de l'homme se refait une virginité en France avec Hollande qui le reçoit en grandes pompes à l'Elysée.

Comme le rappela Ruquier, qui ne savait plus où se mettre et se demandait s'il allait revenir la semaine prochaine, d'autant que Ferrari est son poulain, on avait l'impression d'assister à l'empoignade de Daniel Balavoine contre Mitterrand, le 19 mars 1980, où le chanteur avait expliqué qu'inévitablement pour la jeunesse "le désespoir entraîne le terrorisme". Un thème que reprend Jérémy Ferrari dans son nouveau spectacle "Vends deux pièces à Beyrouth" qui passe par le Trianon à Paris poussant au paroxysme la folie des attentats et de l'extrémisme religieux. Comme à l'accoutumée Manuel Valls qui a reconnu que l'intervention de la France en Afrique était dictée par une volonté mercantile, celle de l'uranium, a tenté de se justifier par une absurdité. Lui qui à certains moments se tenait chez Ruquier telle une folle sur son fauteuil avec les jambes croisées, peu en rapport avec la posture d'un premier ministre qui doit en avoir, rétorqua alors à Ferrari que : "L'honneur de la France, c'est que vous puissiez m'interpeller, que vous puissiez débattre... On se bat pour garder cette liberté de ton...". Une réponse aussi creuse que l'ensemble de sa prestation qui fut d'un ennui consternant avec des banalités dites et redites sur les valeurs de la République, sans aucune envergure qui pourrait susciter un idéal. Les chroniqueurs comme des carpettes du pouvoir n'ont, en plus, posé aucune question pertinente aussi bien de la part de Léa Salamé, mais surtout Yann Moix qui, pour faire intelligent, a mis une kipa sur sa tête en parlant de l'agression du professeur juif à Marseille. A défaut d'être puéril, c'est sûr qu'il a alimenté l'antisémitisme. La médiocrité de la soirée, avant l'intervention musclée de Jérémy Ferrari, fut toutefois légèrement sauvée, non pas par Gérard Darmon à qui on devrait remettre le César de la brosse à reluire, mais par Jean d'Ormesson qui égratigna quelque peu Manuel Valls avec un certain humour. Après avoir noté que "la gauche se droitise", l'académicien à la saveur des mots souligna en aparté que la déchéance de la nationalité, qui fut longuement débattue lors de cette soirée chez Ruquier, n'était finalement qu'un "enfumage" du gouvernement sur les vrais sujets.

Pour Jérémy Ferrari, la récupération des morts comme le livre de Walls -L'Exigence- est un scandale

Pour Jérémy Ferrari, la récupération des morts comme le livre de Walls -L'Exigence- est un scandale

Tag(s) : #People

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