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Extrait du roman "Labijoconde" de Kävin'Ka....

Sensuel modèle de la Joconde, Salai, l'androgyne élève et amant de Léonard de Vinci; avait intitulé son autoportrait "Monna Vanna"...

Peu après le souper, alors que Salai s'est éclipsé. François Ier fait de même en direction du dortoir réservé aux femmes d’honneur de la reine. Il cherche l'une d'entre elles, Anne Boleyn, mais un jeu d’ombres croise la vérité formelle de l’illusion. Le roi s’approche. Dans l’obscure fraîcheur de la pièce, il est troublé par les courbes et la poitrine d’un corps indolent qui offre une promenade à l’imagination. Le visage est caché par un voile renforçant l’ambiguïté, faisant bégayer son Altesse fort d’une expérience personnelle inavouée qu’il n’a fait jusque-là qu’effleurer. L’apparence, hors de toute quête de l’inconscience d’une quelconque tristesse, l’entraîne dans le secret afin d'exprimer le désir, l’hypnotisant, l’influençant dans cette soif d’ébauche en spirales subjectives contre toute apnée obstructive jusqu’à ce que le subconscient devenu quasi incontrôlable ne puisse rejeter l’imaginaire ainsi évoqué. En savant conquérant, François Ier assiège cette autre place forte qui s’offre à lui. Sa droite baisse le collant, remonte doucement les cuisses vers le brûlant se souvenant de cette subtilité picturale du Joconde de Vinci qui se loge dans les mains croisées au bas ventre ayant pris soin entre l’espace interdigital de ne pas serrer les doigts mais d’écarter légèrement le majeur, celui de l’intime. Aussi, invariablement attiré vers cette nouvelle ambition sexuelle suggérée, François Ier se laisse aller loin d'envisager si l’objet est plutôt vaginal ou clitoridien car le point G se trouve ailleurs et qu’il a compris comment le stimuler avec la délicatesse d’une friandise sans l’a-priori des indécis, surtout que les problèmes de sécheresse n’ont pas de mise, la lubrification de la zone étant assurée par un flacon d’huile de rose à portée qui, telle cette rivière sous le pont au fond du tableau de Vinci, déverse son flot bien loin des secrétions des glandes de Bartholin. Encouragé dans son action par cette eau bénite, le roi oublie alors sa timidité et acquiert une nouvelle force constructive. Le pectoral exacerbé, il infléchit la pierre des sillons du juste introduisant son caprice dans l’autre disposition, le rythme mouvant et précieux nervurant la nef qui s’épanouit devant l'infrangible dureté. L'épaisseur des murs semble fondre de plaisir sous les gémissements à tel point que la féerie de la férocité ne tarde pas et explose en volée de bois verts brisant les chaînes de l’énigmatique magnétisme d’une communion hors norme mais toujours si singulière et envoûtante surtout si elle s’affiche en mousseline bleue afin d’en pimenter la chose. Satisfait, le roi se reboutonne et avant de partir prononce un bref « Merci !... ». Salai sourit.

Roman "Labijoconde" Kävin'Ka (ONANéditions)

 

Tag(s) : #art, #roman, #La Renaissance, #François Ier, #Salai, #Léonard de Vinci, #Gian Giacomo Caprotti

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