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Par Kävin'Ka

A quand un Grand Maïtre de la Garde Robe ?...
A quand un Grand Maïtre de la Garde Robe ?...

La première chaîne d’info continue, BFM TV, se moquerait-elle de l'info ? On peut le croire vu la tenue des journalistes sur le terrain. Certes, ils ne rigolent pas comme des chèvres à la manière des matins de Monsieur Bourdin sur RMC, mais leur look à tendance à faire un peu négligé voire débraillé même presque dépoitraillé. "Ce jeune homme est fagoté comme l'as de pique" pourrait ainsi lancer ma chère mère en voyant le direct de l’envoyé spécial à la Fédération Française de rugby. Il est vrai que le jeune homme en question, pourtant bogosse, arborait un col grand ouvert d'une chemise toute fripée et visiblement trop petite boudinant aux boutons, sans parler d'un teint blafard, d'une barbe imparfaite et des cernes d’un lendemain de fête et, croyez-le, sur les nouvelles télés grand écran Ultra HD (4K) cela n'était pas du plus réjouissant.

A la décharge du pauvre reporter dont on taira le nom, son laissé-aller répondait peut être à une volonté de la rédaction en chef de scénariser les reportages en direct en montrant que les journalistes sont des baroudeurs. Sans doute que se rendre depuis le siège de BFM TV à Issy-les-Moulineaux jusqu’à Marcoussis, en banlieue sud de Paris où se trouve celui de la Fédération Française de Rugby, doit être aussi éprouvant que d’aller en Syrie? Ceci dit, il serait temps qu’Alain Weill, le président directeur général de BFM TV depuis sa création en novembre 2005, mette un terme à ce "je m'en-foutisme" vestimentaire qui ne fait pas très sérieux d'autant qu"il colle mal à l’habillage fluide, dynamique et intelligible que tente d'imposer la chaîne, Pour éviter que cela se dégrade jusqu'en salopette, il serait même judicieux de nommer un "Grand Maître de la Garde Robe" instaurant un code d'habillement adéquat qui soit aussi actif et énergique que l’identité visuelle d"une télévision moderne. Et pour cela pas besoin de faire la révolution. Déjà une cravate serait un minimum de respect pour l'info et ses drames... Simple discrète, elle devrait d'ailleurs être un élément habituel de la profession évitant d'arborer ce côté décroché qui colle mieux à une émission de variétés où aux journaux du week-end comme le fait si bien Laurent Delahousse sur France 2 qui, dès le vendredi soir, tombe la cravate reprenant ainsi le "Cusual Friday ", cette mode venue des Etats-Unis autorisant les cadres à ne plus en porter la veille du week-end.

Evidemment les anti-nœuds soutiendront que mettre une ligature pour un journaliste symbolise un manque d'indépendance, un conformisme de bureaucrate, voire de phallocrate, et que cela peut même indiquer une orientation politique trop marquée. Qu'importe ces ressentiments d'arrière-garde, chaque époque a eu sa cravate pour les hommes depuis les jabots de dentelle au XVIIe siècle jusqu'aux pelles à tarte des années disco. A BFM TV de surprendre alors le téléspectateur réintroduisant les cravates du nouveau millénaire qui pourraient être juste slim et sombre quand 42 personnes brûlent dans un autocar ou tout à fait originale lorsque le set se veut léger allant, et pourquoi pas, jusqu'à la fraise, cette fameuse collerette plissée autour du cou devenant alors un digne ornement liturgique de la messe de l'info, coïncidant bien à la mode néo-monastique qui envahit les rayons des chaines de magasins de prêt à porter style H&M où les tee-shirts et les sweats se rallongent comme les coules du Moyen Âge. Et tant pis si les mauvaises langues pérorent en alléguant que "BFM TV ramène sa fraise", les âmes sensibles du pixel numérique se seront plus agressées par le si désagréable fagotage des lookés saut-du-lit.

Tag(s) : #Télévision, #BFM TV, #RMC, #Alain Weill, #Issy

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