Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Tel-Aviv sur Seine, place au rêve...

Par Kävin’Ka.

Sur la plage gay de Tel-Aviv près de l'hôtel Hilton, alors que le soleil de plomb a tiré depuis longtemps sa révérence, Éden appelle son ami arabe Ismail pour assouvir avec lui une envie pressante l’ayant souvent faite alors ado, chacun dans sa chambre. Ismail séjourne à Paris. Nu sur son lit que domine une tenture murale d'art islamique Ottoman, il répond en parlant d’emblée du fiasco de Tel-Aviv sur Seine mais Éden change vite de conversation. Connecté visio avec son iPhone, il se met lui aussi dans le plus simple appareil sur des images torrides et direct pour, dirait la pub, « d’intenses échanges ». Conforté par ce travelling intime sans éclairage grâce à une pleine lune, Ismail se love en numérique sur méga-pixels contre le corps de son ami dont l’orgueil est attisé par une légère brise venue du large. Dans cette étreinte virtuelle, mais bien réelle, Éden vogue alors avec sa visio sur sa peau imaginant la langue d’Ismail. Navigation secrète. Harmonie composite dont la sueur sublime l’élixir visuel. Au niveau du torse, l’appétit stoppe un temps sur la médaille avant de descendre. Éden encrypte subtil et graduel fasciné par l’écran. Malgré l’ergonomie plate du mobile, il a l’impression de saisir le sexe d’Ismail et carrément le prend en interface. Il est en lui. Unique et double branle de visionnaires. Ils jouissent ensemble quasi autofocus retrouvant Baudelaire pour un plaisir sauvage et fauve sans morale dans la poésie. Intensité rare du jet en haut débit, celui du 4G.

La fièvre redescendue, Ismail ne raccroche pas de suite. Il entame une ghénya à mi-voix et débusque la tendresse abandonnée des mots du matelot tandis qu’Éden nonchalant joue du plaisir étalé sur son ventre imberbe, les doigts se collant de grains de sable. Douce toile d’émeri. Papier de verre d’un soir. Les deux amants au téléphone restent alors un long moment sans parler écoutant juste leur respiration. Puis raccrochant, Éden enclenche la fonction music qui joue à nouveau « Telemetron » d’Hexstatic dont les sons stridents de sirène urbaine contrastent avec le flux de la mer. Ces bruits de la ville lui rappellent ses folies dont il ne peut se dégager. En manque de pollution, il fume. Son intox. Rassasié par ses bouffées de goudron, il clique vers la mer et plonge dans l’amertume pour retrouver Leïlou embrasant pour un soir la brume des vagues à l’âme. Écume qui exhume les palmes du drame.

Extrait de "Hallucinojaime" éditions ONAN

Tag(s) : #Tel-Aviv sur Seine, #Edan Natan, #Ismail al Hesin, #plage gay Tel-Aviv, #hôtel Hilton, #EditionsOnan, #Hallicinojaime

Partager cet article

Repost 0